Chaque année, quand on commence à imaginer le nouveau jeu urbain à vélo, on se pose toujours la même question : comment surprendre encore nos joueurs ? Après les enquêtes et les murder party à vélo, on avait envie cette fois d’aller encore plus loin dans l’immersion. Avec L’Odyssée Urbaine, notre objectif était simple : créer le genre d’aventure qu’on rêverait nous-mêmes de vivre.
Lydiane Izzo
Chef d'orchestre de l'équipeFaut-il être sportif pour participer à L’Odyssée Urbaine ?
Non. Le jeu est accessible au plus grand nombre. Les déplacements se font à vélo dans Grenoble, mais l’objectif reste avant tout de vivre une aventure immersive et collaborative.
Quelle différence avec un escape game classique ?
Dans L’Odyssée Urbaine, les joueurs évoluent dans toute la ville, rencontrent des personnages, lancent des dés et influencent eux-mêmes le déroulement de leur aventure.
Peut-on jouer entre collègues ou entre amis ?
Oui, le format fonctionne aussi bien entre amis qu’en équipe de collègues. Les mécaniques collaboratives et les rôles rendent chaque groupe unique.
Chez Challenge The Room, on adore expérimenter de nouvelles mécaniques, tester des idées un peu folles et surtout imaginer des expériences qui donnent réellement l’impression aux joueurs de sortir du quotidien.
C’est exactement ce qui nous a poussés à créer L’Odyssée Urbaine.
Après plusieurs éditions de jeux d’enquête à vélo dans Grenoble, on avait envie cette année de proposer autre chose. Pas simplement une nouvelle histoire ou de nouvelles énigmes. On voulait changer complètement la manière de jouer.
L’idée ?
Créer une aventure immersive qui mélange jeu vidéo, jeu de rôle, exploration urbaine et hasard.
Une expérience où les joueurs ne suivent pas simplement un parcours… mais deviennent eux-mêmes des personnages happés dans un univers parallèle.
C’est probablement ce que j’aime le plus dans notre métier : partir d’une feuille blanche.
Les éditions précédentes étaient construites autour d’enquêtes et de murder party à vélo. Les joueurs devaient résoudre une affaire, retrouver un coupable, analyser des indices.
Mais cette année, on avait envie de casser nos propres codes.
On ne voulait pas refaire “une enquête de plus”.
On voulait créer une sensation différente. Quelque chose de plus imprévisible, de plus vivant, de plus proche d’un jeu vidéo grandeur nature.
Le scénario de départ proposée imaginé par Axel était simple : un adolescent disparaît mystérieusement après avoir été happé dans un jeu vidéo.
Et très vite, toute l’équipe s’est emballée autour de cette idée.
Les brainstormings chez nous ressemblent rarement à des réunions classiques.
On se retrouve dans notre open space de conception à Sassenage, autour de la table, avec des feuilles, des post-it, des idées griffonnées partout. Certains sont assis, d’autres debout, et chacun peut lancer les idées les plus improbables.
C’est souvent dans ce joyeux chaos que naissent nos meilleures mécaniques de jeu.
Très vite, une question est revenue :
“Qu’est-ce qui manque pour qu’on ait vraiment l’impression d’être à l’intérieur d’un jeu ?”
Et presque naturellement, les dés se sont imposés.
Parce qu’au fond, quand on pense aux grands jeux de plateau ou aux livres dont vous êtes le héros, il y a toujours cette notion de hasard, d’imprévu et de possibilités multiples.
Dans L’Odyssée Urbaine, les dés vont décider :
On a aussi ajouté des rôles attribués au hasard dès le début du jeu. Chaque participant devra incarner un personnage avec ses propres caractéristiques. Certains joueurs pourront même débloquer des bonus s’ils jouent réellement leur rôle pendant l’aventure mais chut... faut venir jouer pour le découvrir.
À partir de là, on a commencé à sentir qu’on tenait quelque chose de différent.
Et surtout… quelque chose qu’on aurait adoré jouer nous-mêmes.
Ce que j’adore avec ce format, c’est que la ville devient progressivement un décor de fiction.
Le jeu commence encore en plein jour. Les joueurs arrivent à vélo, découvrent les dés, les règles, les animateurs, les premières cartes… et tout le monde essaye encore de comprendre ce qui les attend.
Puis le soleil commence doucement à se coucher.
Les équipes traversent Grenoble, se trompent de rue, débattent sur un indice, croisent un personnage étrange au détour d’un parcours cyclable ou accélèrent pour rejoindre un nouveau lieu avant les autres.
Et à un moment, il y a toujours ce basculement.
Les joueurs oublient qu’ils sont simplement dans leur propre ville.
Ils sont dans le jeu.
C’est probablement pour ça que Grenoble fonctionne aussi bien pour ce type d’expérience. La ville se traverse facilement à vélo, les ambiances changent rapidement d’un quartier à l’autre et le terrain de jeu devient immense sans jamais perdre ce sentiment de proximité.
Chaque année, on retrouve plusieurs types d’équipes.
Il y a les passionnés de jeux, qui arrivent déjà à fond dans le scénario avant même le départ.
Et puis il y a ceux qui viennent surtout parce qu’ils aiment faire du vélo entre amis ou entre collègues.
Et honnêtement, ce sont souvent ces équipes-là qui nous surprennent le plus.
On les voit progressivement se prendre au jeu, débattre, improviser, partir dans de mauvaises directions, revenir en arrière ou commencer à soupçonner tout le monde.
Les groupes d’amis sont souvent les plus drôles à observer. Ils se chamaillent, se lancent des défis, nous racontent leurs théories les plus improbables… et c’est exactement ce qu’on aime.
Parce qu’au fond, nos jeux urbains ne sont jamais totalement linéaires. On adore laisser une place à l’imprévu et aux erreurs. 
Le pire comportement dans ce type d’aventure, c’est probablement de vouloir aller trop vite.
Dans L’Odyssée Urbaine, certains personnages pourront mentir. Certains indices pourront être incomplets. Et parfois, les dés viendront complètement bouleverser les certitudes des joueurs.
Cette année sera aussi spéciale à titre personnel.
Pour la première fois, mes enfants participeront eux aussi à l’aventure en incarnant certains personnages du jeu.
C’est un petit clin d’œil qui me touche beaucoup, parce qu’ils m’entendent parler de cet univers toute l’année, voient passer les idées, les scénarios, les mécaniques de jeu et grandissent au milieu des jeux de société, des énigmes et des projets immersifs.
J’aime beaucoup l’idée qu’ils puissent, eux aussi, entrer dans cet univers le temps d’une soirée.
Mais ce projet reste avant tout un vrai travail d’équipe, la best team de Challenge The Room.
L’Odyssée Urbaine a été imaginée avec Axel, Margo, Laurie, Clémence, les équipes atelier qui ont testé les énigmes et tous les animateurs qui vont donner vie aux personnages pendant le jeu.
Et c’est probablement ça qui rend cette aventure aussi vivante aujourd’hui.
je ne sais jamais vraiment comment les joueurs vont réagir avant une première édition.
Mais cette année, pour la première fois depuis longtemps, j’ai vraiment la sensation qu’on a créé le genre d’aventure qu’on rêverait nous-mêmes de vivre.
Un jeu où l’on ne suit pas simplement des énigmes.
Un jeu où l’on traverse une ville entière à vélo, où les dés peuvent changer le cours de la soirée, où les joueurs deviennent des personnages et où l’on finit par oublier complètement la réalité.
Et honnêtement, j’ai hâte de voir les premières équipes se lancer dans L’Odyssée Urbaine.
On se donne rdv pour L’Odyssée Urbaine les 21 et 28 mai à Grenoble.
Les départs se feront entre 19h et 20h15.